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Congo-Brazzaville : le choix des électeurs confirme l’avenir démocratique du pays.
Élections CONGO Brazzaville Sassou Nguesso réélu au premier tour avec une large majorité

Denis Sassou Nguesso, 66 ans dont presque 25 en tout à la tête du pays, était soutenu dans ces élections présidentielles par une centaine de partis et d'associations formant le Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP).
Le président sortant avait promis la victoire dès le premier tour du scrutin, et il a tenu parole : il a été réélu avec 78,61 % des voix, une majorité écrasante reflet d’une campagne minutieusement menée à la fois par le candidat et par sa famille politique.
Le chef de l’Etat s’était retrouvé confronté à douze autres candidats, six candidats de d’opposition et six indépendants. Ses deux principaux challengers pressentis Mathias Dzon, son propre ancien ministre des Finances (1997-2002) (candidat de l'Alliance pour la République et la démocratie ARD), et Guy Romain Kinfoussia (chef de file de l'opposition et président de l'Union pour la démocratie et la République, UDR-Mwinda) ont recueilli au final respectivement 2,30 % et 0,87% des suffrages exprimés, ce qui ne les place que 4ème et 6ème. Une cuisante défaite assurément …
C’est le candidat indépendant Joseph Kignoumbi Kia Mboungou qui est arrivé 2ème, loin derrière le chef de l'Etat sortant, avec 7,46% des suffrages, suivi de Nicéphore Antoine Fylla Saint Eudes avec 6,98 % des voix exprimées.
Ainsi le bilan de ces élections présidentielles 2009 en République du Congo est le suivant :
1er Denis Sassou Nguesso (avec 78,61% des suffrages exprimés),
2ème Joseph Kigoumbi Kia Mboungou (7,46%),
3ème Nicéphore Antoine Fylla Saint Eudes (6,98 %),
4ème Mathias Dzon (2,30%),
5ème Joseph Hondjuila-Mokono (2,02 %),
6ème Guy Romain Kinfoussia (0,87%),
7ème Jean-François Tchibinda-Kouangou (0,41%),
8ème Anguios Nganguia-Engambe (0,30%),
9ème rang Ernest B. Mizidy-Bavoueza (0,27%),
10ème Clément Mierassa (0,25%),
11ème Bertin Pandi-Ngouari (0,20%),
12ème et avant-dernier rang Marion Michel Mandzimba-Ehouango (0,19%)
13ème et dernière place Jean Ebina (0,13%).

Les détracteurs de l’opposition ont crié aux malversations diverses et variées : listes électorales trafiquées, nombre d’électeurs truqué, fausses cartes électorales, pressions exercées dans les bureaux de vote … Les observateurs nationaux et internationaux sont là eux pour témoigner de la transparence de ces élections et de leur caractère on ne peut plus démocratique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : il faut savoir reconnaître sa défaite.
Même si le 12 juillet les opposants avaient appelé à "faire constater l'illégitimité de Denis Sassou Nguesso", les critiques et allusions ne datent pas du jour même des élections ; Mathias Dzon et Guy Romain Kinfoussia avaient déjà réclamé avec trois autres candidats le report du scrutin.

Six candidats de l’opposition ont en effet appelé au boycott du scrutin, à savoir Guy Romain Kifouissa, Bonaventure Mizidy, Mathias Dzon, Clément Mierassa, Jean François Tchibinda Nkouangou et Michel Marion Mandzimba Ehouango.


Un appel au boycott non suivi

Ces derniers ont attendu le dernier meeting, au stade sportif de Makekele, pour dévoiler leur stratégie et demander aux congolais de ne pas aller voter. Le boycott des élections avait soi-disant pour but de maintenir la pression ; les candidats entendaient profiter d’une très forte abstention et de la désorganisation des opérations de vote pour exiger ensuite l’invalidation du scrutin. Ils n’ont pas pour autant retiré leur candidature et procédé au retrait de leurs bulletins des 4850 bureaux de vote, ce qui aurait dû être le cas en toute logique. Il est pour le moins surprenant d’appeler au boycott et de néanmoins participer au scrutin, cela montre que tout ce stratagème n’avait qu’un seul but : se faire remarquer. Ces candidats n’avaient que leur ambition personnelle en tête, en aucun cas le bien-être de leurs concitoyens. L’intérêt général avait supplanté l’intérêt personnel. L’auréole de gloire était par trop tentante.
Pire, au-delà de cet aspect individualiste et carriériste, en ce qui concerne le candidat Mathias Dzon (62 ans) nous pouvons parler de trahison. En effet cet ancien Ministre des Finances du président Sassou Nguesso a fait plus que se présenter contre celui qui l’avait désigné à l’un des postes les plus importants de l’Etat, lui témoignant ainsi toute la confiance qu’il avait en lui.
Mais, Dzon avait accepté d’intégrer l’équipe ministérielle de Nguesso, ce n’est pas sous la menace que cet homme a accepté d’être associé à la politique menée par le Président. Pour ensuite crier à la « tyrannie », à laquelle il a bien volontiers participé et dont il a même été un des rouages principaux pendant cinq ans ! C’est dire combien cet homme n’a pas de scrupules. Il décrie ainsi tout le travail réalisé sous l’ancienne présidence, archétype selon lui de la « pensée unique et du monopartisme » ; il n’a pas hésité à retourner sa veste pour valoriser son ego.
Si ce cas est de loin le plus grave, il faut noter cependant que le magistrat Kouangou (66 ans) est lui-même un ancien membre du parti du Président, le PCT, et surtout qu’il a fait partie du cabinet de Nguesso en1982 en tant que conseiller juridique. La mémoire est courte face aux désirs de pouvoir …
Au-delà de ces félonies, tout concorde finalement : ces candidats de l’opposition qui ont appelé au boycott n’avaient pas préparé ces élections, ils n’avaient pas établi de réel programme électoral. Ils ne se sont pas donné la peine de réfléchir aux besoins de la population et rédiger un projet politique sérieux susceptible d’y répondre.
Des candidats de l’opposition qui n’ont pas fait de campagne électorale digne de ce nom.

Sassou Nguesso n’était pas le seul candidat à ces présidentielles 2009 : treize hommes pour être précis. Si six candidats de l’opposition ont décidé de boycotter ce premier tour c’était leur choix ; d’autres sont restés en lice, tous ont eu l’occasion de faire campagne et d’aller sur le terrain. 

Aux candidats de l’opposition dépités par leurs faibles résultats rappelons que, contrairement à Sassou Nguesso, ils ne peuvent se féliciter d’avoir préparé, conduit et réussi une campagne électorale structurée, basée sur un programme clairement défini.
Leur objectif commun était : « il faut que ça change, ne reconduisez pas le Président sortant », qu’ils faisaient passer pour un tyran anti-démocratique. Mais que proposaient-ils de concret aux congolais ?

Certes Dzon et Kinfoussia (68 ans) ont chacun opté pour un slogan, « Ensemble changeons le Congo » pour Dzon et « N’ayez pas peur du changement » pour Kinfouissia.
Dzon a même affiché un projet, les « Cent propositions », dont voici une citation : « Le Congo-Brazzaville est aujourd’hui sur une très mauvaise pente. Pour redresser le pays et améliorer le niveau de vie des congolais, je formule cent (100) propositions en vue de reconstruire le Congo et changer la vie. »
Dzon est doué pour formuler des propositions sans pour autant fournir des solutions pour y parvenir, fort aussi pour critiquer ce qui a été accompli sous la présidence précédente, présidence au sein de laquelle il a activement travaillé.
Le programme du candidat Dzon s’est résumé à inaugurer le siège de sa Campagne électorale en novembre 2008, à effectuer une pseudo tournée dans le pays … au moment où, heureuse coïncidence, est publié son ouvrage Le congo aujourd'hui et demain (éditions de l'onde). En guise de campagne électorale c’est la promotion de son livre que nous offre Dzon ! Ce phénomène est peut-être contagieux puisqu’un autre candidat d’opposition, Clément Mieressa, a sorti en juin dernier un document de quinze pages intitulé Fiabilité des listes électorales et maîtrise du corps électoral.
Entre l’appel à la désobéissance civile du général Ngouelondele, appel inadmissible et même  criminel dans une démocratie fragile, en paix depuis 7 ans à peine, l’absence de campagne électorale de ces candidats et leur demande de boycott, nous pouvons légitimement mettre en doute le fait que ces hommes voulaient vraiment le bien de leurs compatriotes.

Pour conclure, le Président Nguesso fut le seul candidat à avoir concrètement parcouru presque tous les districts du pays afin d’exposer les lignes principales de son projet « le chemin d’avenir ». Il s’est engagé vis-à-vis de ses concitoyens à travers ce projet. Sassou Nguesso ne s’est pas contenté de sillonner le pays en clamant « réélisez-moi » : il avait clairement défini un programme électoral reposant sur des points clé et il a, dans les faits, parcouru des milliers de kilomètres pour rencontrer le peuple congolais. Il a exprimé quels étaient ses espoirs pour le Congo, a défini les buts à atteindre et comment y arriver ; il a de plus communiqué en langues nationales et en français. L’aura personnelle du candidat Denis Sassou Nguesso a fait pour beaucoup : il a galvanisé les foules, chantant des airs populaires dans les différentes localités. Il a réussi de bonnes sorties sur le terrain à Dolisie, Kibangou, Mossendjo, Kimongo où il a littéralement communié avec le public. Il s’est préoccupé de chacune région et de leurs besoins. 
Ces dernières années caractérisées par la paix, la sécurité, la stabilité et la construction d’infrastructures de développement n’ont fait que renforcer l’image du Président dans l’opinion publique.
D’aucuns pourraient reprocher au Président sortant une campagne très médiatique, à l’américaine, mais cela a-t-il été reproché à Barack Obama en 2008 ? Au contraire ! C’est montrer combien la République du Congo tend à affirmer sa position d’Etat démocratique que de comparer la campagne du président congolais à celle du Président du pays le plus représentatif de la démocratie.
 
Le dernier des Mohicans

Le chef de l'état congolais, Denis Sassou-Nguesso, 66 ans, a annoncé, officiellement samedi 6 juin 2009, qu'il se portait candidat à l'élection présidentielle du 12 juillet 2009. Cela s'est passé à l'occasion d'un méga meeting organisé à Brazzaville, après une tournée gagnante à travers le pays, pour un peuple en attente et à l'écoute. Il s'impose, dès ce jour, grâce à une adhésion populaire qu'aucun autre candidat n'a jamais pu encore réaliser. De plus, Denis Sassou-Nguesso passe pour être au Congo l'artisan de la paix. Ce qui est inestimable. La mobilisation massive prouve, haut la main, que le peupla congolais est prêt à lui accorder une nouvelle fois sa confiance. Il faut des années pour affirmer un personnage et Denis Sassou-Nguesso est jusqu'au-boutiste, qui est au style ce que la fidélité est à l'amour. Chaque campagne est un voyage au bout de la nuit et c'est bien de campagne institutionnelle qu'il s'agit. Il préconise donc comme caractère de marque, la foi et l'espérance. Ainsi, le service devient mission. Et la mission, engagement. Une fois de plus, Sassou-Nguesso a une sacrée longueur d'avance. Qui mieux que maître Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui a plaidé au Congo deux importants dossiers d'Etat, peut nous donner, à cette période essentielle, quelques clés de ce pays et de ce personnage hors du commun.

Est-ce que Denis Sassou-Nguesso sera réélu ?
Maître Versini-Campinchi : Je n'imagine pas qu'il ne le soit pas.

Pourquoi ?
Parce qu'il a déjà prouvé beaucoup de choses et en particulier, grâce à lui, les Congolais vivent dans la paix. Et personne ne dira que le Congo, avec lui, n'a pas changé. Il est celui "qui sait faire".

On peut donc saluer sa tournée à travers son pays ?
Il a montré sa volonté d'unir le Congo et de poursuivre son développement. Le peuple congolais lui a prouvé, à chaque étape, son engagement et sa fidélité.

Son histoire se confond avec l'histoire du Congo ?
C'est un militaire issu de l'école interarme française de Coëtquidan, efficace et professionnel. Il est à la fois pragmatique et idéologue. Il a gagné deux guerres civiles violentes, ce qui a fait de lui un héros authentique. Il entretient des relations privilégiées avec la France. Il a su fédérer le Congo, qui est un pays kaléidoscope, hétérogène, aux innombrables langues et autant d'ethnies, avec, par tradition, le français comme langue véhiculaire, de référence.

On dit que son pays est extrêmement riche et que ses habitants sont fort pauvres...
Il y a en effet un réel contraste. Une vraie richesse pétrolière et des ressources encore inexploitées. Il faut du temps et de l'argent pour mettre des structures en place... Mais cela avance dans le bon sens et les perspectives commerciales sont bonnes. Pour preuve, le groupe Bolloré a investi, récemment, 570 millions d'euros dans le projet portuaire de Pointe-Noire.

Certains disent que son régime est plutôt totalitaire et qu'il possède des comptes et des biens en France...
... Je conteste tout ce qu'on en dit. D'abord, il n'a pas de comptes bancaires en France. Ensuite, en dehors d'un appartement à Paris, il possède en ile-de-France une maison bourgeoise banale comme en ont des centaines de cadres. Quant au régime politique du Congo, il est un des plus démocratiques qui soient en Afrique. Le Président a lui-même fait preuve de courage démocratique lors de sa traversée du désert, lorsqu'il a été battu aux élections. Il s'est retiré pendant deux ans dans son village natal.

Vous voulez dire qu'il existe au Congo une liberté de presse et de parole ?
Absolument. Et de surcroît un haut degré d'instruction. Pour un pays en devenir, les habitants sont loin d'être frustres. Pour ma part, j'ai côtoyé des magistrats remarquables, d'une grande culture et d'un grand savoir-faire.

Avec le décès du Président gabonais Omar Bongo, annoncé officiellement le 8 juin, une page de l'histoire de la "Françafrique" est tournée. Denis Sassou-Nguesso ne devient-il pas aujourd'hui, de facto, le "Sage de référence"... Le dernier des Mohicans en quelque sorte ?
Leurs destins étaient liés, puisque Omar Bongo a épousé la fille de Sassou-Nguesso, elle-même récemment décédée. Le réseau tissé par Omar Bongo au fil des décennies est aujourd'hui en déshérence. Cette mécanique complexe est un instrument d'influence, certes, mais difficilement transmissible. Laissons déjà passer les élections !

 

Maître Jean-Pierre Versini-Campinchi
Avocat d'affaires, maître Jean-Pierre Versini-Campinchi a prêté serment en 1965. Commercialiste de formation, il se spécialise dans le droit pénal. Ses clients vont de Jean-Christophe Mitterand à Jean-Cyril Spinetta, en passant par la direction de Buffalo Grill. Moitié corse, moitié antillais, cet avocat de 68 ans, humaniste et haut en couleur, ne mâche pas ses mots et va droit au but. Il est aujourd'hui un des spécialistes les plus reconnu du droit pénal financier. Il a créé son propre cabinet. Star du barreau, style et talent réunis, il pourrait dire : "En regardant derrière toi, souviens-toi que tu es un homme."